La «garra charrua» ou la fabrique d’un mythe quatre étoiles pour l'Uruguay
Créez-vous un compte gratuitement et retrouvez les contenus que vous avez sauvegardés.
Faites plaisir à vos proches. En vous abonnant, vous pouvez offrir des articles.
Ce résumé peut avoir été écrit avec l'assistance d’une IA générative. En savoir plus
Abonnez-vous pour accéder au résumé en 20 secondes.
Une affiche façon «Gladiator» sur laquelle ressort la devise «Nacidos para luchar» (Nés pour lutter, en espagnol). «Your pitch is our battlefield» (Votre terrain est notre champ de bataille, en anglais) dans les crédits. Le lancement au printemps du maillot de la Celeste lui a donné une nouvelle occasion de revendiquer une identité footballistique propre et bien ancrée: la garra charrúa (terme qui figure également dans les crédits). Voilà plus de soixante-quinze ans et le Maracanazo – victoire de l’Uruguay qui s’adjugea alors sa seconde Coupe du monde face au Brésil – que cette expression définit le feu sacré qui animent les joueurs de ce pays de 3,5 millions d’âmes, quatre fois la superficie de la Suisse.
Population indigène minoritaire qui vivait sur l’actuel territoire de l’Uruguay, les Charrúas ont été en grande partie exterminés en 1831. Alors qu’ils avaient aidé le général Artigas à conquérir l’indépendance, le premier président Fructuoso Rivera leur tendit une embuscade. Les rares survivants furent emprisonnés, certains sont devenus des esclaves. En dépit de cette tragédie, l’Uruguay a fait sienne leur combativité légendaire, sa marque de fabrique sur la scène internationale au fil des décennies. «C’est notre identité, quelque chose qu’on intègre très jeune, nous explique Diego Forlán, vainqueur de la Copa América en 2011, dans la lignée de son grand-père maternel (1959 et 1967, en tant que sélectionneur) et de son père (1967). On est un petit pays, entouré de deux puissances, tant économiquement que footballistiquement, que sont l’Argentine et le Brésil. On a appris à survivre dans ce contexte. On a cette envie de rivaliser, de ne pas se sentir petit. »