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Anthony Braizat: «Dans l’attitude, les Bleus ont montré qu’ils voulaient gagner pour Didier Deschamps»

Anthony Braizat: «Dans l’attitude, les Bleus ont montré qu’ils voulaient gagner pour Didier Deschamps»

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Anthony Braizat, entraîneur français de Neuchâtel Xamax, salue l'état d'esprit des Bleus face à la Norvège, marqué par une intensité inhabituelle qu'il attribue au soutien collectif à Didier Deschamps, endeuillé.

Les premières minutes intenses témoignent d'une cohésion de groupe rare, selon Anthony Braizat, qui voit dans cette communion émotionnelle un élément fédérateur pour la suite de la compétition.

Malgré des séquences de facilité et de suffisance une fois le match contrôlé, la France termine en tête de son groupe avec neuf points sur neuf et dix buts marqués, signe d'une équipe capable de s'ajuster au niveau de l'adversaire.

L’équipe de France a achevé la phase de groupes en apothéose. Larges vainqueurs vendredi d’une Norvège bis à Boston (4-1), les Bleus terminent en tête de la poule I avec neuf points récoltés sur neuf. De quoi faire le plein de confiance en vue des 16es de finale, où ils verront la Suède leur faire face, mardi soir (23h).

Entraîneur de Neuchâtel Xamax, depuis décembre 2024, après des passages sur les bancs de Servette, Yverdon, Nyon et Stade Lausanne-Ouchy, le Français Anthony Braizat (48 ans) dresse un bilan flatteur de sa sélection à mi-tournoi. S’il déplore «un peu de facilité voire de suffisance» par séquences, il loue dans l’ensemble le comportement collectif, accentué en début de match vendredi soir en l’absence de Didier Deschamps, endeuillé par le décès de sa mère. A son tour de se prêter au jeu du débriefing de match pour Le Temps.

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Le Temps: Les Bleus ont réalisé une entame tonitruante, récompensée par deux buts en 20 minutes. Le contexte émotionnel, avec l’absence de Didier Deschamps, les a-t-il boostés?

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Anthony Braizat: J’ai beaucoup aimé leur attitude dans le premier quart d’heure. J’ai vu de l’intensité, du pressing, des projections rapides. Rien à voir par rapport aux entames contre le Sénégal et l’Irak. Ces 15 premières minutes étaient pour Didier Deschamps, indéniablement. L’épreuve que le groupe traverse cette semaine unit et donne un supplément d’âme, surtout quand vous êtes dans le dur. Ce qui se passe dans ces moments-là est difficilement explicable, mais il y a un lien, une communion, une chaîne humaine, qui fait qu’on ne lâche pas le copain. Même si les joueurs ne sont pas directement concernés, ils entretiennent une excellente relation avec leur coach. Ils sont derrière lui, lui vouent un grand respect, d’autant qu’il s’agit de sa dernière compétition. Ce qu’ils ont vécu va les renforcer.

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On sent une cohésion, un plaisir d’être ensemble. Quand on a joué au foot, quel que soit le niveau, on sait pertinemment que quand l’entraîneur n’est pas là, une forme de relâchement peut intervenir. Vendredi, les Français ont pris leurs responsabilités. Ils ont montré du leadership.

Lorsque vous étiez entraîneur de Stade Lausanne-Ouchy, vous avez été confronté en 2022 aux décès coup sur coup de l’un de vos joueurs, Elia Alessandrini, et à l’épouse de votre adjoint. Quelles répercussions cela a-t-il eu sur votre effectif?

On a traversé une période très difficile, mais cela nous a rendus plus forts. On insistait beaucoup là-dessus: on était dans la surmotivation, le surenthousiasme. On a renversé des montagnes – des matchs où on l’emportait en étant encore mené dans le temps additionnel – et on a fini par décrocher la montée en Super League.

Qu’avez-vous pensé du match de Guy Stéphan, l’adjoint historique de Didier Deschamps, qui a assuré l’intérim sur le banc?

En tant qu’adjoint, il ne peut pas se permettre les mêmes libertés que son supérieur et c’est important de souligner qu’il n’a pas joué un rôle. Il était là en tant qu’accompagnateur, ce qui ne l’a pas empêché de rester debout, de les encourager, et de procéder à quelques corrections tactiques en individuel. Je l’ai trouvé assez calme.

Les deux équipes étaient déjà qualifiées au coup d’envoi. La Norvège a aligné une équipe bis et la France a largement fait tourner…

[Il coupe] La Norvège était déjà contente d’être en 16es de finale, elle a voulu donner du temps de jeu à tout le monde. La France, par contre, n’a pas tellement brassé les joueurs. L’ossature a été reconduite – Mike Maignan, Dayot Upamecano, Jules Koundé, Michael Olise, Ousmane Dembélé, Kylian Mbappé – et autour, les Théo Hernandez, Manu Koné, Aurélien Tchouaméni et Désiré Doué sont régulièrement titulaires. Julian Nagelsmann a fait pareil avec l’Allemagne contre l’Equateur, jeudi. On constate que le principe du «match des coiffeurs» [profiter du dernier match de poule pour faire jouer les remplaçants] n’est plus appliqué systématiquement, parce que les sélectionneurs ont leurs joueurs tellement peu souvent à disposition qu’ils cherchent de la continuité, des habitudes de jouerie.

Que retenez-vous de cette rencontre «tampon», à cheval entre la phase de groupes et la phase à élimination directe?