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Le Temps

Leïla Martial, chanteuse au grand chœur

Leïla Martial, chanteuse au grand chœur

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En décembre 2019, Leïla Martial s’immergeait à la lisière de la forêt centrafricaine, là où le temps coule comme une sève lente. Cette immersion au cœur du peuple des Pygmées Aka sonnait comme la résolution d’un accord qu’elle cherchait depuis l’enfance. Un père qui écoute des disques de la collection Ocora, cela laisse des traces. Revenons au salon familial dans le Sud-Ouest, là où son imaginaire a pris racine. Entre le galop des guitares tziganes et l’appel magnétique de ces polyphonies lointaines, Leïla Martial a l’étrange sensation d’appartenir à ces peuples chantants et nomades.

Alors, elle s’est inventé sa propre tribu. Sa voix est devenue un archipel de timbres, un théâtre de spectres et d’identités. Son corps? Une boîte à musique qu’elle transporte à travers le monde. «C’est peut-être pour pallier ma solitude, confie-t-elle en souriant. Me tenir compagnie, faire émerger tel ou tel caractère pour me sentir en groupe. C’est un grand chœur que j’invoque quand je chante.» Joli hasard, c’est sur la place de la Réunion, à Paris, que Leïla Martial nous parle de son unité retrouvée.