Des milliers de personnes défilent pour la Pride romande à Lausanne
Entre 17'000 et 23'000 personnes ont défilé, selon les estimations de la police et des organisateurs. La foule s'est mise en marche vers 15h, sous le pont Bessières. Elle a traversé le centre-ville en direction du parc de Milan, site du village de la Pride, où plusieurs concerts et animations sont proposés depuis vendredi.
Le cortège a sillonné la capitale vaudoise dans une ambiance joyeuse et festive, cadencée par la musique techno déversée par une dizaine de chars. Ceux-ci ont aussi servi à diviser la manifestation en "blocs", derrière lesquels ont pu se regrouper les personnes partageant les mêmes revendications.
Quelques drapeaux et pancartes ont aussi émergé parmi la foule, sur lesquelles on pouvait notamment lire "Mon corps. Mon genre. Ta gueule", "Moins de fachos, plus de ciseaux" ou encore "A bas le cis-tèm".
La manifestation s'est tenue dans une ambiance "bon enfant" et sans aucune déprédation, a confirmé la police lausannoise en début de soirée. Sur le plan sanitaire également, hormis un malaise, le cortège s'est déroulé sans problème.
Le slogan de cette édition "le droit d'être soi" exprime "le fait de pouvoir revendiquer simplement que notre communauté a le droit d'exister et de prendre cette place aujourd'hui", a expliqué dans le 12h30 de la RTS Yaël Munoz, coordinatrice de la Lausanne Pride.
Elle précise les quatre revendications principales: le droit de faire famille, le droit d'être en bonne santé, le droit d'être reconnu et le droit d'être protégé.
"Même si le mariage pour tous est passé aujourd'hui, il y a encore des personnes de notre communauté – notamment les personnes intersexe – qui subissent toujours des mutilations ici en Suisse et qui sont très peu visibilisées, que ce soit par les médias et au sein de nos combats", souligne encore Yaël Munoz.
Si Lausanne n'avait plus accueilli de Pride "traditionnelle" depuis 20 ans, la ville avait vu défiler une "Pride de nuit" en 2022. Une version plus "radicale", organisée notamment pour contrer un présumé "pink washing", à savoir la récupération des Prides par de grandes entreprises.
Cette année à nouveau, des critiques ont affleuré. Et notamment de la part de la Jeunesse socialiste suisse qui, sur les réseaux sociaux, a accusé la Pride lausannoise de servir de vitrine à des multinationales qu'elle juge problématiques.
Le comité d'organisation lausannois a réagi en regrettant "des rumeurs non sourcées et fausses". Il a rappelé que la Pride bénéficiait majoritairement de soutiens publics, et que les partenaires privés devaient répondre à des "critères clairs et transparents."
L'an prochain, pour les 30 ans de la première Pride romande, la manifestation se déroulera à nouveau à Genève.
Initialement prévue à Paris samedi, la Marche des fiertés LGBT+ est reportée sine die, conformément à la demande du préfet de police de la capitale, en raison de la canicule exceptionnelle, avait indiqué son organisateur vendredi.
D'autres villes ont maintenu le défilé, comme Munich, Strasbourg ou Budapest. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi dans la capitale hongroise. Elles ont fêté la liberté retrouvée de se rassembler ainsi que le départ du pouvoir de Viktor Orban, qui a multiplié les politiques anti-LGBT+.