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'Des Minions et des monstres' à l'assaut d'Hollywood pour un hommage au cinéma ★★★☆☆

'Des Minions et des monstres' à l'assaut d'Hollywood pour un hommage au cinéma ★★★☆☆

Après un premier épisode qui relatait leurs origines, puis une suite qui s'attachait à l'adolescence de Gru, futur méchant de 'Moi, moche et méchant', le créateur des Minions, Pierre Coffin, a été bien inspiré d'amener ses créatures aux portes de Hollywood, en 1927.

Passé une entrée en matière qui rejoue, de manière un peu répétitive, les tentatives infructueuses des Minions pour trouver un grand méchant à servir, le récit de 'Des Minions et des monstres' s'attache plus particulièrement à deux d'entre eux: James et Henry, mus par des désirs artistiques aux antipodes de leurs camarades.

Débarqués à Hollywood après avoir infiltré, sans le savoir, le tournage d'un film d’attaque de train, James et Henry deviennent les nouvelles stars du milieu avant que le cinéma parlant ne les relègue aux oubliettes; le langage hilarant des Minions, mélange d'espagnol, de français, d'anglais et d'allemand proche de l'esperanto, ne favorisant pas l'adhésion du public.

Pas suffisant pour doucher les velléités de James et Henry, bien résolus à réaliser leur propre film de monstres en ressuscitant des créatures terrifiantes grâce à un vieux grimoire lovecraftien.

Alors que la franchise des 'Moi, moche et méchant' s'épuise et que leurs 'Super Mario Bros' cartonnent au box-office en dépit de leur paresse artistique, les studios français d'Illumination, dirigés par Pierre Coffin, jouent la carte d'un retour aux sources bienvenu en introduisant les Minions au cœur du cinéma muet hollywoodien.

Le film détourne avec jubilation les références les plus iconiques des premiers temps du septième art, les Minions parasitant les bandes animées de Muybridge, les films des frères Lumière ou de Méliès, Harold Lloyd, Buster Keaton, et même Chaplin lors de la fameuse séquence de rouages mécaniques des 'Temps modernes'.

Un festival de clins d’œil en forme d'hommage assez irrésistible qui s'oriente par la suite vers le cinéma parlant, citant 'Citizen Kane' d'Orson Welles, et les films de monstres (plus proches de ceux que Hollywood produisait dans les années cinquante, mais passons!).

Si l'on ne boude pas notre plaisir, cette collision entre l'univers échevelé des Minions et le milieu du cinéma promettait tout de même des situations plus délirantes, plus burlesques, plus irrévérencieuses que ce troisième épisode qui emprunte rapidement la route balisée du grand spectacle frénétique. Noyant quelque peu la poésie humoristique de ses héros miniatures, ce déluge de scènes s'époumone davantage à nous en mettre plein les rétines qu'à imaginer des trouvailles scénaristiques plus farfelues.

En regard de ses promesses, 'Des Minions et des monstres' laisse un peu sur sa faim, sans entraver pour autant l'euphorie que l'on éprouve à retrouver les créatures les plus désopilantes du cinéma d'animation récent.

'Des Minions et des monstres', film d'animation de Pierre Coffin et Patrick Delage. A voir dans les salles romandes depuis le 24 juin 2026.