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René Osterwalder, le tortionnaire de bébés

René Osterwalder, le tortionnaire de bébés

Dès l'été 1991, René Osterwalder, informaticien prospère de Saint-Gall, marié et père de trois enfants, commence à filmer des abus sexuels et des actes de torture sur un bébé qui lui est confié. Ces sévices, d'une cruauté inouïe, se déroulent à Volketswil (ZH), tandis qu'il installe en parallèle une chambre de torture dans une maison de vacances à Montmelon (JU), allant jusqu'à prévoir des tonneaux d'acide, capable de dissoudre de la viande.

La dérive de René Osterwalder s'accélère quand il entre en contact avec d'autres pédophiles via le Vidéotex, utilisant des pseudonymes glaçants et équivoques. Malgré des alertes à la police, une nouvelle séance de torture a lieu sur deux bébés en septembre 1992, ainsi que des abus répétés sur un adolescent de 12 ans.

Interrogée dans cet épisode de Crimes suisses, la criminologue et sexologue Catherine Renaville replace l'affaire dans une réflexion plus large et s'interroge sur "la manière dont l'être humain va pousser jusqu'à l'extrême certains comportements. Jusqu'où va finalement toute cette machination pour assouvir un désir, une excitation."

Son analyse pointe aussi un environnement qui favorise ces dérives. L'émergence de réseaux d'échange comme le Vidéotex, déjà dans les années 1990, crée un effet de renforcement mutuel où les repères s'effacent progressivement. "C'est tout le problème de l'offre et de la demande", souligne-t-elle, évoquant un système où les contenus circulent sans réel contrôle: "On a le sentiment qu'il n'y a pas vraiment de mainmise là-dessus."

Face à ces trajectoires, la criminologue appelle à dépasser une lecture uniquement émotionnelle: "Le terme "monstre" a une connotation émotionnelle. (…) Moi, je dois voir aussi l'auteur d'infractions pour ce qu'il est." Avant de rappeler une réalité plus brute: "On parle de quelqu'un qui a commis des infractions très graves et qui a été condamné pour cela."

L'affaire René Osterwalder met en lumière les questions complexes soulevées par la pédophilie. La criminologue et sexologue Catherine Renaville insiste sur le fait que "c'est un crime de regarder, de visionner des contenus pédopornographiques", même si certains auteurs minimisent leur acte en arguant que les contenus existeraient de toute façon. Elle rappelle l'absence d'empathie souvent constatée chez les auteurs d'infractions sexuelles, qui ne perçoivent pas la "chaîne de souffrance nécessaire pour créer ces contenus".

La criminologue souligne également que si de nombreux pédophiles ont eux-mêmes été victimes d'abus dans leur enfance, "toutes les personnes qui ont subi des agressions sexuelles étant enfant ne deviennent évidemment pas pédophiles". Elle met en avant l'importance de la prévention et du soutien, notamment via des services comme "Dis No", qui offre une aide anonyme aux personnes préoccupées par des pensées pédophiles.