À la une · Dernières nouvelles · Archives
Retour à l'accueil
RTS

Près de 7 millions de personnes affectées par les séismes au Venezuela, selon l'ONU

Près de 7 millions de personnes affectées par les séismes au Venezuela, selon l'ONU

Une piste de l'aéroport de Caracas a été rouverte et accueille des avions américains transportant de l'aide humanitaire, a annoncé un haut responsable américain samedi.

"Ce matin (samedi), à l'aéroport Simon Bolivar (l'aéroport international de Caracas, ndlr), une des pistes d'atterrissage est de nouveau opérationnelle et accueille des C17", un type d'avion militaire de transport, a indiqué un haut responsable américain. "Maintenant que l'aéroport est ouvert, nous allons intensifier l'acheminement de l'aide humanitaire", a-t-il ajouté.

Près de sept millions de personnes seraient affectées par les deux séismes qui ont frappé le Venezuela, faisant près de 1'000 morts et des dizaines de milliers de disparus, ont estimé samedi les Nations unies.

"Jusqu'à 6,76 millions de personnes pourraient avoir été touchées par les séismes dévastateurs qui ont frappé le Venezuela", dont deux millions rien qu'à Caracas, a analysé l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, précisant que ces estimations s'appuyaient sur les données démographiques disponibles et sur l'analyse des dégâts.

L'équipe de secours helvétique est désormais en place à La Guaira, ville côtière du Venezuela proche de l'épicentre du séisme et qui a subi le plus de dégâts. Des personnes sont encore tirées des décombres, mais une course contre la montre est lancée.

Des preuves de vie y ont été trouvées, ont-ils confié à la correspondante de la RTS Anouk Henry. En effet, des chiens de secours ont aboyé, ce qui signifie qu'une personne en vie se trouve sous les décombres.

Les secouristes travaillent sous le regard de nombreuses personnes, des proches qui attendent avec anxiété des nouvelles des disparus.

Moins de trois jours après l’événement, des équipes internationales de sauvetage d'au moins 17 pays sont arrivées pour apporter leur aide et tenter de retrouver des survivants dans les montagnes de gravats issus de l’effondrement de très nombreux immeubles.

Des rescapés qui sont ensuite amené dans les hôpitaux, où les proches des disparus viennent tenter de les retrouver.

Mais la situation devient tendue. Tous les hôpitaux sont débordés par le nombre de patients qui arrivent. Évidemment, les soignants essaient de se limiter au strict minimum, au minimum d’attention lorsqu’il s’agit de suivre le nombre total de patients qui arrivent.

A Catia la Mar, sur la côte à quelques kilomètres de la capitale Caracas, l'université maritime accueille les sinistrés des séismes, dont des familles avec de tout jeunes enfants. On leur fournit des colis alimentaires avec des pâtes, du riz, de la farine et des biscuits, mais aussi des serviettes hygiéniques ou du sérum physiologique.

"On vit juste en face, dans cet immeuble qui est coupé en deux maintenant. Il est complètement détruit. C’est un miracle que l’on soit vivant, alors on avance. Dieu merci, il n’est rien arrivé à ma famille", témoigne Luis, père de quatre enfants, dans le 12h30.

Une trentaine de familles qui ont tout perdu sont venus trouver refuge dans cette université. Guillermo Ruit, le recteur de l’établissement, n'a pas hésité à apporter son aide: "Catia la Mar est vraiment dévastée. Alors tout de suite, nous avons décidé d’utiliser l’université comme centre de don et camp d’hébergement. Dans le voisinage, nous avons environ 300 familles et nous leur distribuons de la nourriture mais aussi des soins médicaux."

Ces familles, complètement démunies, ont certes désormais un toit sur la tête, mais les conditions demeurent précaires. Malgré la quantité de dons, il manque encore beaucoup de choses, explique Leyli, une sinistrée: "A l’extérieur, ils ont besoin de nourriture, de médicaments aussi et surtout, ils ont besoin d’eau, beaucoup d’eau. Et ici, on a besoin de matelas et surtout de médicaments."

Lors d'une allocution, la présidente par intérim Delcy Rodriguez, au pouvoir depuis janvier et la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis, a annoncé que 14'000 militaires et policiers avaient été déployés dans l'État de La Guaira, qui a été "militarisé pour garantir la sécurité". Des pillages ont été constatés dans cette zone depuis les séismes meurtriers.

La cheffe de l'Etat a par ailleurs été huée près d'un immeuble effondré dans un quartier aisé de Caracas. "Ça suffit de faire campagne au milieu d'une tragédie comme celle que nous vivons", lui ont lancé un groupe de riverains et de proches de personnes prises au piège sous les décombres.

Delcy Rodriguez a ensuite déclaré avoir reçu un appel du président américain Donald Trump et de son secrétaire d'Etat Marco Rubio, qui l'ont assurée de leur soutien "en cette période difficile pour le Venezuela".

Le Venezuela a restreint l'accès à la zone la plus touchée par les puissants séismes survenus mercredi, a annoncé le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello à la télévision.

L'accès à l'Etat de La Guaira (nord) sera "restreint à partir de 20h", a-t-il déclaré. Un peu plus tôt, la présidente par intérim Delcy Rodriguez avait demandé à la population de ne pas se déplacer vers La Guaira, à environ 40 kilomètres de Caracas, afin de faciliter les opérations de sauvetage.

Le bilan du double séisme s'est encore alourdi, le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez évoquant vendredi à la télévision le chiffre de 920 morts. Jorge Rodriguez, frère de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, a ajouté que l'Etat de La Guaira (nord), le plus touché par les tremblements de terre d'une magnitude de 7,2 et 7,5, était "totalement militarisé".