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"Montrer que c'est possible": deux adolescentes traversent la Suisse avec leurs Franches-Montagnes

"Montrer que c'est possible": deux adolescentes traversent la Suisse avec leurs Franches-Montagnes

Les deux amies ont relié Genève à Saignelégier, dans le canton du Jura, l'été passé, pour assister au célèbre Marché-Concours qui s'y tient. Accompagnées de leurs deux chevaux, Caramel et Craquant, elles ont traversé plusieurs cantons suisses, faisant étapes dans des fermes sur leur chemin.

Au fil de leur parcours, elles ont découvert différentes facettes du monde agricole et équestre: des écuries, des fermes laitières, ou encore la Fondation pour le cheval qui accueille des équidés (chevaux et ânes) à la retraite. Une diversité d'expériences qui leur a permis d'enrichir leur connaissance du milieu animal.

Comme toute grande aventure, ce périple n'a pas été exempt de difficultés. Dès le premier jour, les sacoches se sont cassées, obligeant les jeunes filles à coudre plusieurs soirs d'affilée pour pouvoir continuer l'aventure. "Les parents nous avaient dit qu'il faudrait plutôt faire de la couture ou du tricot au lieu de faire ça, là [en montrant les chevaux]", plaisantent les deux jeunes femmes. "Donc c'est ce qu'on fait. Voilà, on a combiné les deux."

Les problèmes de santé se sont également invités dans le voyage. Aurélie a souffert d'une intoxication alimentaire, retardant le départ d'une demi-journée. Alicia et Aurélie remarquent au milieu du parcours que l'un des chevaux a un tendon gonflé et chaud, nécessitant l'intervention d'une vétérinaire qui découvre une plaie infectée sous les poils. "On avait toujours dit que ce serait les chevaux en premier", souligne Aurélie, qui précise qu'au moindre problème, elles auraient totalement stoppé la randonnée.

Je me suis vraiment rendu compte que c'est ce que je veux faire plus tard dans ma vie: être dans le milieu de l'agriculture, dans les chevaux...

Au-delà des difficultés physiques (courbatures, douleurs, fatigue...), ce voyage a profondément marqué les deux adolescentes sur le plan personnel.

"Je me suis vraiment rendu compte que c'est ce que je veux faire plus tard dans ma vie: être dans le milieu de l'agriculture", confie Alicia, qui souhaite travailler avec les chevaux. Pour elle, qui avait quitté le collège après deux mois car cet environnement ne lui convenait pas, ce projet représentait une façon de prouver qu'une vie professionnelle autour des animaux était possible. "J'ai toujours entendu dans ma vie que je n'arriverai à rien avec mes animaux. Que ce n'est pas une vie, les animaux, qu'il faut avoir un métier, qu'il faut faire des études."

L'accueil des gens, les rencontres, c'était génial

Aurélie, qui souhaite devenir vétérinaire, a également tiré des enseignements précieux: "Je pense que j'ai beaucoup appris. Déjà, que je pouvais être autonome. Se retrouver vraiment avec soi-même. Se déconnecter un peu du monde dont on a l'habitude."

Les rencontres ont également marqué leur parcours. "L'accueil des gens, les rencontres, c'était génial", témoignent-elles. "Tous les moments de partage qu'on a eu avec eux, surtout le soir quand on mangeait avec eux. On a pu beaucoup échanger." Ces échanges leur ont permis de découvrir différents modes de vie et de confirmer leurs choix professionnels.

Elles ont aussi appris à reconnaître leurs propres limites et celles de leurs chevaux. Craquant, réputé infatigable, a lui aussi montré des signes de fatigue en fin de parcours, rappelant que même les plus endurants ont leurs limites.

La réintégration après l'aventure n'a pas été sans difficultés. "C'était compliqué aussi de revenir à un monde normal, un rythme 'normal'", explique Aurélie. "Mon papa s'inquiétait que quand je rentre, je sois un peu une pile électrique et que je ne tienne plus en place. Et c'est un peu effectivement ce qui s'est passé", convient-elle.

Alicia a depuis été acceptée dans le lycée agricole de son choix en France, où elle s'épanouit: "Je me suis fait des amis en deux jours et tout le monde est là pour le même objectif, dans le but de travailler avec les chevaux plus tard.

Cette aventure n'est qu'un début pour Alicia et Aurélie. Alicia, qui s'investit depuis l'âge de huit ans pour sa "Ferme du Bonheur", où elle accueille des animaux sauvés de maltraitance, projette déjà une nouvelle randonnée avec ses chèvres. L'objectif: organiser une "marche de l'espoir" avec des sponsors au kilomètre pour financer le sauvetage d'autres animaux.

Il faut croire en ses rêves et aller jusqu'au bout. Et peu importe ce que les autres disent."

"Il faut y aller, il ne faut pas réfléchir, il ne faut vraiment pas hésiter", conseille-t-elle. "Parce qu'après, ce sont des choses qu'on n'oublie jamais, et puis qui nous font beaucoup avancer. Il faut croire en ses rêves et aller jusqu'au bout. Peu importe ce que les autres disent."