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Au Tessin, des lâchers de mâles stériles couplés à d'autres mesures font reculer le moustique tigre

Au Tessin, des lâchers de mâles stériles couplés à d'autres mesures font reculer le moustique tigre

Originaire d’Asie du Sud-Est, le moustique tigre (Aedes albopictus) s'est implanté dans de nombreuses régions du monde. Il peut transmettre plusieurs virus responsables de maladies comme la dengue, le chikungunya ou Zika et constitue aujourd'hui l'un des principaux moustiques vecteurs de maladies après Aedes aegypti.

Florence Fouque, entomologiste médicale et spécialiste de la lutte contre les moustiques, cite l'exemple récent de la France, où plus de 700 cas de chikungunya et de Zika ont été recensés sur un été. La plupart des personnes infectées par le chikungunya revenaient de La Réunion, mais des transmissions locales ont également été observées.

Depuis 2022, l'Institut de microbiologie de la SUPSI, à Mendrisio, expérimente la technique de l'insecte stérile (TIS). Elle consiste à relâcher des milliers de moustiques tigres mâles stérilisés à des endroits définis. Lorsqu'ils s’accouplent avec les femelles, les œufs ne donnent pas naissance à de nouveaux moustiques.

Selon Eleonora Flacio, responsable du secteur écologie des vecteurs de la SUPSI, cette technique a permis de réduire de 67% la densité des moustiques dans les zones étudiées. "Si on l'ajoute aux mesures de contrôle intégrées déjà en place, on arrive à 90%, voire davantage", explique-t-elle. La méthode reste toutefois expérimentale et vient compléter les autres moyens de lutte.

Pour faire diminuer la densité de moustiques tigre, il reste essentiel que la population élimine également les lieux de ponte. Une petite quantité d'eau stagnante dans une coupelle, un arrosoir, un seau ou un pneu suffit au développement des larves. En été, une semaine peut suffire pour qu'un œuf devienne un moustique adulte.

Il est donc recommandé de vider au moins une fois par semaine tous les récipients contenant de l’eau. Les œufs peuvent rester plusieurs années au sec, collés aux parois, puis éclore dès qu’ils sont à nouveau immergés. Au Tessin, la baisse du nombre de moustiques repose ainsi sur la combinaison de plusieurs mesures: surveillance, mobilisation des communes, participation de la population et nouvelles méthodes scientifiques.

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