Le PLR veut se profiler comme le parti des gens "qui se lèvent tôt" en vue des élections fédérales
Pour marquer le coup d'envoi de la campagne en vue des prochaines élections fédérales, les libéraux-radicaux n'ont pas fait les choses à moitié: pluie de confettis sur les deux coprésidents du parti, Susanne Vincenz-Stauffacher et Benjamin Mühlemann, et bouteilles de champagne sur les tables des délégués.
Le PLR se veut le représentant de "celles et ceux qui se lèvent tôt", qui sont prêts à prendre des responsabilités, qui font bouger les choses, a plaidé le chef de campagne Damian Müller. Pour illustrer son propos, le conseiller aux États lucernois a fait installer un immense réveil aux couleurs du parti sur la scène.
Damian Müller a détaillé les trois grandes priorités du parti: le travail, pour créer des opportunités et de la prospérité; la sécurité, notamment les investissements dans l'armée et la protection des frontières; et enfin les infrastructures, à savoir construire des routes, des installations énergétiques et des logements.
Avec ces thèmes, le PLR espère gagner des sièges au Parlement et surtout reprendre de l'avance sur son principal concurrent, Le Centre, qui lorgne sur l'un des deux sièges libéraux-radicaux au Conseil fédéral.
"Nous voulons ni plus ni moins que créer les conditions nécessaires pour construire la Suisse de demain", a souligné pour sa part la coprésidente Susanne Vincenz-Stauffacher lors de son discours, exigeant des réponses plutôt que des slogans. Les obstacles à la prospérité en Suisse sont partout de la gauche à la droite, a ajouté la conseillère nationale.
Le coprésident et conseiller aux Etats Benjamin Mühlemann a abondé dans ce sens, les propositions du PLR sont sur la table depuis longtemps: une meilleure utilisation de la main-d’œuvre qualifiée nationale, moins de bureaucratie ou encore une numérisation plus efficace. Ce qui manque, c’est "la volonté politique de mettre enfin en œuvre ces mesures"
Les délégués du PLR se sont prononcés contre l'initiative sur la neutralité, avec quelques voix dissidentes. Le texte est au programme des votations du 27 septembre prochain.
"La neutralité est au cœur même de notre ADN suisse", a déclaré le conseiller national soleurois Simon Michel, qualifiant l'initiative de "tromperie". Le texte vise à interdire à la Suisse de coopérer à l'avenir avec l'Otan sur le plan technique ou d'appliquer des sanctions à l'encontre des parties belligérantes.
Le conseiller fédéral Ignazio Cassis s'est lui aussi clairement prononcé contre l'initiative. "Notre neutralité fonctionne. Nous n’avons pas besoin de la modifier." Selon lui, la Constitution ne doit pas être "alourdie par des formulations qui apportent davantage d'incertitude que de clarté."
L'initiative populaire "Sauvegarder la neutralité suisse", déposée par Pro Suisse et des membres de l'UDC, a été lancée après l'attaque de la Russie contre l'Ukraine. Elle veut qualifier la neutralité helvétique de "perpétuelle et armée".
Seules les sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU pourraient encore être soutenues. La Suisse ne pourrait coopérer avec des alliances militaires ou de défense qu'en cas d'attaque contre le pays.
Les délégués du PLR ont également donné leur feu vert à la révision de la loi sur le matériel de guerre. Une seule personne s'est abstenue.
Thomas Süssli, ancien chef de l'armée et membre du PLR, a fait campagne en faveur de la réforme. L'ancienne loi a isolé et affaibli la Suisse, a-t-il plaidé.
À l'heure actuelle, les pays ne sont pas autorisés à céder à un allié impliqué dans un conflit des armes qu'ils ont achetées en Suisse. La révision de la loi vise à changer cela.
Une alliance regroupant notamment le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), le PS et les Vert-e-s a lancé avec succès un référendum. Le peuple devra se prononcer sur le sujet.